"Le pays du Dauphin Vert" d'Elisabeth Goudge

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Résumé du livre par l’éditeur 

 "Une rue peut être un univers, l’endroit où tout se joue. Lorsque sa famille emménage rue du Dauphin Vert, en plein dix neuvième siècle, dans une bourgade des îles Anglo- Normandes, William se lie d’amitié avec la joie Marguerite et la grave Marianne, toute deux ses voisines. On rêve, on rit, on pleure et l’on se moque du jeune garçon qui, en dépit de sa préférence marquée pour Marguerite ne peut s’empêcher de mélanger les prénoms des deux sœurs…Un « détail » vraiment ? Un petit rien, croit-on que cette confusion. Elle bouleversera pourtant le cours de bien des existences…."

 

Mon avis sur ce roman

La plume d’Elisabeth Goudge nous dépeint avec tant de raffinement et de beauté toute la recherche complexe du bonheur et de l’amour véritable à travers des personnages ayant tous de fortes et intéressantes personnalités.

Son écriture élégante et subtile dévoile à travers les chaos des vies de ses personnages le fil parfois mystérieux qui conduit notre vie…Ce fil prend l’apparence d’un bateau, d’une poignée de coquillages ou d’une personne qui reviennent mystérieusement remettre des jalons sur le chemin que suivent les héros de l’histoire.

 La mer, les paysages et la lumière des bords de mer sont magnifique ment évoqués et accompagnent agréablement cette réflexion plus sérieuse sur comment l’égoïsme, l’orgueil et la vanité qui poussent  à la réussite sans scrupules s’opposent à l’humilité, l’écoute et la sensibilité qui sont les véritables sentiments d’une belle l’âme.

Un très beau livre ! 

Une belle histoire d’amour, d’aventure et d’humanité dans un décor de tempêtes et de paysages superbes sur l’île comme Elisabeth Goudge sait si bien dépeindre.

 Extraits

« Elle adorait ces coquillages, et tous les soirs après que papa l’eut quittée,…, elle étendait les coquillages sur son oreiller et jouait avec. Les plus gros coquillages représentaient pour elle les différentes histoires que papa lui avait raconté au sujet de l’île. La coquille gris-bleu, qui avait la forme d’une vague creusée par le vent, était l’histoire des sarregoussets qui chevauchent sur la mer et mangent dans la grotte de la baie des petites fleurs. Celle qui avait la forme d’un bonnet de lutin, c’était l’histoire du paysan si pauvre qu’il demandait en allant se coucher l’aide des fées et qui en se réveillant le lendemain matin voyait toutes les fleurs des genêts sous sa fenêtre transformées en pièces d’or. » p469

« La lune était haute, transformant chaque pétale de fleur en un coquillage de nacre, chaque brin d’herbe en une minuscule &p&e d’argent. Infiniment plus hautes encore ; les grandes étoiles étaient suspendues immobiles dans le ciel »p531

« Heureux ? Malheureux ? répliqua Tai Haruru, Je suis l’un et l’autre.l’’orsqu’on peut être heureux et malheureux à la fois, cela prouve qu’on est sensible à toute la riche complexité de la vie.

Il faut arriver jusqu’au centre même de la douleur ou de la joie pour être complètement malheureux ou complètement heureux. Il n’y a qu’une heure de la nuit où l’on a déjà oublié le coucher du soleil sans espérer l’aube encore ; il n’y a qu’une heure de la journée où le soleil ne semble ni s’élever ni s’abaisser dans le ciel. Ces heures intenses sont les plus sombres et les plus éblouissantes. » p 558