« Prisonnier au berceau »  de Christian Bobin

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Résumé de Christian Bobin

« J’ai été seul pendant deux mille ans – le temps de l’enfance. De cette solitude, personne n’est responsable. Je buvais du silence, je mangeais du ciel bleu. J’attendais. Entre le monde et moi il y avait un rempart sur lequel un ange montait la garde, tenant dans sa main gauche une fleur d’hortensia – une sorte de boule de neige bleue. Peut-on imaginer cela ? » Christian Bobin

 

Mon avis sur ce livre…

 Quand le beau est accessible...

Enfance dans une ville de province à l'ombre d'une usine qui s'est tu. Sans aucune peur devant l'ennui des dimanches et du quotidien. L’ennui devient une couleur nécessaire de la vie et de la rêverie qui redonne toute sa valeur à une bogue de châtaigne, une tasse dépareillée ou aux reflets du vernis d'un buffet en bois sombre Difficile équilibre tenu par une plume élégante et subtile sur la frontière entre nostalgie et tristesse...De belles réflexions qui font souvent écho à des pensées intimes en les rassurant et en les éclairant.

 

Citations du livre…

"Lire, confie Christian Bobin, c'est débroussailler dans son âme un chemin que les ronces et les arbres effondrés ont depuis longtemps recouvert, puis avancer jusqu'à découvrir un château en ruine dont les fougères sont les princesses et les liserons les sentinelles." 

«J’écris ce livre pour tous ces gens qui ont une vie simple et très belle, mais qui finissent par en douter parce qu’on ne leur propose que du spectaculaire. » 

« Un pêcher rhumatisant donnait des pêches de vigne. J’admirais le vieux velours violet de leur peau, et leur noyau  dense dont les profonds sillons ressemblaient aux plis du cerveau d’une fée pétrifiée. »

« L’ennui flaire un gibier angélique dans le buisson du temps. »

« J’ouvrais un livre. Je regardais les fourmis des lettres avancer par colonnes dans le désert de la page, porteuses de miettes de lumière. »

« L’ennui est un petit balai de genêts manié par un ange pour chasser la poussière de nos désirs. En la vidant peu à peu, il éclaircit la chambre de l’âme. »

Christian Bobin

"Prisonnier au berceau"